Kim Jung-ju mettrait Nexon en vente pour huit milliards, fatigué par l'industrie du jeu

Kim Jung-ju, CEO et fondateur de Nexon, envisagerait de vendre ses parts du géant coréen valorisé à 7,8 milliards d'euros. Il serait fatigué des contraintes et de la mauvaise image de l'industrie du jeu. 

En 1994, Kim Jung-ju créait le studio Nexon et devenait l’un des pionniers du développement de MMORPG en Corée – Nexon signait alors The Kingdom of the Winds, considéré comme l’un des premiers MMORPG graphiques, et le groupe est aujourd’hui l’un des leaders coréens de l’industrie du jeu. Le groupe revendique en effet un catalogue de jeux dans lequel on retrouve quelques titres emblématiques comme la série des MapleStory ou Dungeon Fighter OnlineKartRider ou Mabinogi ou encore Durango plus récemment. D'autant que Nexon a également su se diversifier puisque le groupe possède entre autres Bitstamp, la plateforme européenne d’échanges de crypto-monnaies, ou encore Stokke, une chaine de produits pour enfants.

Kim Junng-ju

Et si l’on en croit la presse sud-coréenne aujourd’hui, Kim Junng-ju et son épouse projetteraient de vendre leurs parts de Nexon – et à eux deux, ils possèdent près de 97% du conglomérat Nexon, valorisé par les analystes à plus de 10 000 milliards de wons, soit environ 7,8 milliards d’euros. Si l’opération devait se concrétiser, elle marquerait la plus grosse fusion / acquisition du marché sud-coréen à ce jour.
Pour autant, à ce stade, l’opération reste encore très nébuleuse, notamment parce que trouver un repreneur ayant les reins suffisamment solides pour s’offrir un groupe comme Nexon n’est pas chose aisée. Mais déjà, plusieurs noms circulent : en premier lieu, les analystes pensent évidemment à Tencent, le géant chinois qui exploite déjà la version chinoise du très populaire Dungeon Fighter Online, mais aussi à d’autres groupes coréens comme Kakao ou Netmarble, voire à des groupes occidentaux qui y verraient l’occasion de s’implanter durablement sur le marché asiatique du jeu en ligne.

D’ici là, la presse locale s’interroge sur les raisons d’une telle vente : selon des sources issues de l’entourage du CEO, le couple serait enclin à « prendre du champ avec l’industrie du jeu », « fatigué par des régulations de plus en plus strictes et la mauvaise image qui frappe l’industrie du jeu » (en Corée, les conditions de travail imposées dans les studios de développement sont très décriées et les problématiques d’addiction au jeu reviennent sur le devant de la scène), en plus des poursuites judiciaires dont Kim Junng-ju a longtemps fait l’objet (il a été poursuivi pour prise illégale d’intérêt, avant d’être blanchi devant les tribunaux coréens).
Les esprits suspicieux pourraient aussi y voir aussi une tentative de manipulation du marché : la simple annonce de Kim Junng-ju a notamment fait grimper en flèche le cours de bourse de certaines des filiales du groupe (Nexon GT ou NetGame, par exemple, ont vu leur cours grimper de 30%). Les investisseurs font le pari qu’une acquisition du groupe, par exemple par Tencent, permettra d’accroitre considérablement les activités du groupe sur le très lucratif marché chinois, notamment. Et Kim Junng-ju pourrait décider de ne pas vendre toutes les filiales du groupe Nexon, à la fois pour abaisser le coût d'achat de la maison-mère et rester au moins partiellement dans l'industrie du jeu tout en réalisant une plus-value significative. 

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